3. Programme de recherche 2010-2013

La réduction de la pauvreté et des inégalités demeure au coeur des préoccupations des responsables de maints pays en développement, institutions internationales et organisations non gouvernementales, afin d'atteindre les objectifs de Développement international, fixés pour 2015 par la communauté internationale. D'ailleurs, pour la plupart des pays en développement, notamment ceux du continent africain, l'ampleur et la persistance des privations rendent difficile toute distinction entre une « stratégie de développement » et une « stratégie de lutte contre la pauvreté ». Les recherches du Groupe d'économie du développement (GED) s'inscrivent dans cette perspective, et visent à contribuer à l'effort de réduction du déficit social dans les pays les moins avancés, en mettant à profit l'expérience théorique et empirique de cette institution dans ce domaine. En effet, il s'agit de mieux appréhender, aux niveaux conceptuel, méthodologique et empirique, la pauvreté, la vulnérabilité et l'inégalité, et de spécifier plus précisément leurs relations avec la disponibilité et le rendement d'un ensemble d'actifs physiques, matériels, humains et sociaux, régis à la fois par le marché et une multitude d'institutions, de normes et de valeurs. En particulier, la capacité de mobilisation et de valorisation des actifs liés au marché du travail présente un intérêt majeur par rapport au bien-être des individus, des ménages et des communautés. En même temps, ces objectifs, sous-jacents, en partie, aux « Cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté », mis en oeuvre actuellement dans plusieurs pays en développement, appellent une attention spécifique aux questions d'endettement et des conflits. Dans cette optique, le programme de travail pour la période 2010-2013 propose plusieurs niveaux d'analyse, complémentaires et interdépendants.

3.1.    Croissance économique, inégalité et pauvreté : analyse intertemporelle du bien-être

La pauvreté et l'inégalité entretiennent des liens étroits (Lachaud, 2006b). Par exemple, à revenus moyens constants, la pauvreté peut augmenter à cause d'une dégradation de l'inégalité, une situation qui semble caractériser le milieu urbain africain. Inversement, la progression de la pauvreté peut être freinée par une réduction des disparités des ressources. Compte tenu de l'importance du sujet en termes de politiques économiques, trois niveaux de recherche sont programmés, en particulier sur le continent africain.

3.1.1.    Modélisation des déterminants du niveau et de l'évolution de la pauvreté/inégalité

L'approfondissement de la modélisation des déterminants du niveau et de l'évolution de la pauvreté/inégalité suggère plusieurs domaines d'investigation.
Premièrement, les déterminants de la pauvreté selon les milieux et/ou des groupes particuliers feront l'objet d'investigations spécifiques. Il importe de développer la modélisation, les estimations économétriques et, éventuellement, l'analyse comparative à partir d'enquêtes auprès des ménages. Dans ce contexte, des études pourront examiner l'opportunité relative de divers modèles : logit multinomial avec ou sans « endogénéisation » des segments du marché du travail ; multinomial emboîté, etc. Des études préliminaires relatives au Burkina Faso (Lachaud, 2000f, 2003a), à Djibouti (Lachaud, 2004e), à Madagascar (Lachaud, 2006h) et aux Comores (Lachaud, 2005a) ont été réalisées.
Deuxièmement, l'identification des facteurs du niveau et de la variation de l'inégalité des ressources des familles peut constituer un élément fondamental de compréhension de la pauvreté. Dans cette optique, il est proposé, en utilisant une méthode permettant d'incorporer l'analyse statistique de la distribution des ressources au cadre économétrique du capital humain, d'appréhender les facteurs du niveau et des changements quant à l'inégalité des ressources par tête des ménages dans certains pays - extension de l'approche de Oaxaca permettant d'intégrer la technique de régression à l'analyse de l'inégalité. Quelques études ont déjà été effectuées (Lachaud, 2003c, 2003e). A cet égard, le rôle des transferts internes et externes appelle une attention spécifique - Comores, Côte d'Ivoire, Burkina Faso. Néanmoins, l'extension d'autres approches, antérieurement mises en oeuvre, est prévue pour explorer le mode de formation des inégalités. En particulier, la méthodologie de décomposition par source des inégalités, qui repose sur un concept de théorie des jeux, la valeur de Shapley, permettant de spécifier comment se forment les niveaux de vie des ménages, sera mise en oeuvre à travers une analyse des données d'enquêtes (Montaud, 2001b).
Troisièmement, l'appréhension des déterminants de la dynamique des dépenses par tête ou de la pauvreté, à partir d'une décomposition des écarts des ratios de bien-être, est encore peu explorée. A cet égard, une étude récente a montré la fécondité de cette approche, en estimant des équations de niveau de vie des ménages pour chaque année (2001 et 2005) et province d'un milieu donné de Madagascar (Lachaud, 2007f).
Quatrièmement, l'impact des diverses politiques économiques visant à réduire la pauvreté et l'inégalité fera l'objet d'analyses dans le cadre des modèles d'équilibre général calculable et des approches en termes de micro-simulations, afin de mettre en relief, par exemple, la relation entre l'ouverture internationale, l'inégalité, la pauvreté et la croissance économique. Une première investigation a été réalisée pour l'Afrique du sud (Hérault, 2003, 2005).

3.1.2.    Appréhension de la croissance pro-pauvres

Dans la plupart des pays en développement, notamment ceux du continent africain, l'ampleur et la persistance des privations, ainsi que les décisions des institutions de Bretton Woods de 1999, selon lesquelles les modalités d'allégement de la dette sous l'Initiative PPTE renforcée et les opérations de prêts futurs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international dépendaient d'une « Stratégie de réduction de la pauvreté », ont suscité récemment un vif intérêt pour le concept de « croissance pro-pauvres ». En d'autres termes, il s'agit de spécifier les relations qui prévalent entre la croissance, l'inégalité et la pauvreté, une tâche complexe compte tenu des multiples questionnements sous-jacents : (i) la croissance est-elle toujours bonne pour les pauvres ? (ii) est-ce que davantage de croissance est plus profitable aux pauvres que moins de création de richesses ? (iii) est-ce que la croissance contribue à réduire l'inégalité ? (iv) est-ce que l'inégalité joue un rôle quant à l'impact de la croissance sur la pauvreté? Bien que les réponses à de telles questions dépendent à la fois des conditions initiales - en particulier, le niveau des revenus et le niveau et le type d'inégalité, ainsi que le type de croissance -, des définitions, des méthodes de mesure, et des options idéologiques, l'exécution d'un programme de lutte contre la pauvreté exige de pouvoir apprécier la configuration de la croissance économique et de l'inégalité par rapport à la dynamique des privations. Le programme de recherche du GED prend en compte cette perspective dans plusieurs directions : (i) étendre à d'autres pays la méthode utilisée lors d'études préliminaires, visant à évaluer, au cours de la période 1994-98, les effets de la croissance et de l'inégalité sur la pauvreté au Burkina Faso (Lachaud, 2003b) et au Cameroun (Abessolo, 2006) ; (ii) examiner la relation entre la croissance, l'inégalité et la pauvreté en termes de capabilités (Lachaud, 2007d) ; (iii) explorer le processus de croissance pro-pauvres en fonction de l'axiome d'anonymat (Lachaud, 2006e).

3.1.3.    Indicateurs de dimension intertemporelle du bien-être

L'appréhension de la pauvreté demeure un axe privilégié de la recherche du GED. A cet égard, plusieurs orientations seront poursuivies au cours de la prochaine période quadriennale, en particulier sur le continent africain.
Premièrement, les formes de pauvreté et la dynamique des privations. Il s'agit d'affiner les mesures et les comparaisons de pauvreté dans les pays en développement dans une double direction.
D'une part, les profils de pauvreté, élaborés par rapport à un examen ex post de la configuration du bien-être des individus ou des ménages, présentent un intérêt incontestable en termes de ciblage des politiques économiques. Dans ce contexte, l'analyse en termes monétaires, des capacités ou par rapport à une évaluation subjective du bien-être doit être approfondie, ce qui implique de mieux appréhender les paramètres des approches cardinales - indicateurs de bien-être, échelles d'équivalence, lignes de pauvreté, indicateurs de pauvreté, tests des différences de pauvreté - et ordinales - dominance stochastique, etc. De même, les approches multidimensionnelles, fondées sur des indices de la pauvreté composites - micro-économiques - ou partiels - macro-économiques -, devront être poursuivies (Koné, 2002a, Lachaud, 2003e, 2005a).
D'autre part, malgré l'intérêt d'une appréhension des privations rapport à une conceptualisation ex post du bien-être, des dimensions importantes de ce dernier semblent encore insuffisamment explorées, une situation susceptible de freiner un ciblage efficace des actions de lutte contre la pauvreté. En effet, l'une des faiblesses de la plupart des approches actuelles de la pauvreté dans les pays en développement est l'absence de dissociation ex ante des types de pauvreté par rapport à la vulnérabilité, alors que le cheminement du bien-être s'inscrit dans la durée, d'où un risque de variation du niveau de vie au cours d'une période donnée. Dans ces conditions, la stratification des groupes par rapport au concept de vulnérabilité, c'est-à-dire la capacité pour les individus, les ménages ou les communautés de réaliser les ajustements nécessaires pour protéger leur bien-être lorsqu'ils sont exposés à des événements externes défavorables, présente deux avantages. Tout d'abord, elle est susceptible de renforcer les fondements des politiques publiques, en intégrant d'emblée la dimension temporelle du bien-être des ménages. Par exemple, la distinction entre la pauvreté durable - inhérente à la faiblesse de la consommation moyenne - et la pauvreté transitoire - due à une variation de la consommation - peut conduire à promouvoir des actions différenciées - plus axées sur la distribution des actifs pour la première, alors que la seconde appelle peut-être la mise en place de filets de sécurité adéquats. Ensuite, la considération de la vulnérabilité conduit à examiner également la situation des groupes non pauvres par rapport à leur probabilité de pauvreté. Evidemment, l'absence de prise en compte du risque dans les investigations sur la pauvreté et l'inégalité, notamment en Afrique au Sud du Sahara, s'explique, en grande partie, par la rareté des données de panel. En fait, bien que ces dernières soient probablement les plus adaptées par rapport à cette option analytique, il est possible, à partir d'informations issues d'enquêtes auprès des ménages à un moment donné, d'appréhender la vulnérabilité par rapport à la pauvreté (Lachaud, 2002e, 2005b). Mais, dans la mesure du possible, cette question devrait être abordée - y compris en ce qui concerne la croissance pro-pauvres - à l'aide de données de panel, par exemple, à partir des données d'observatoires ruraux à Madagascar (Sirven, 2004).
Deuxièmement, il importe d'appréhender le taux de croissance pro-pauvres par rapport au marché du travail dans plusieurs directions. D'une part, il est possible d'expliquer le taux de croissance pro-pauvres des dépenses par tête µ*(yl) en termes des taux de croissance des quatre caractéristiques du marché du travail : µ*(l) = taux de croissance pro-pauvres du taux d'offre de travail ; µ*(er) = taux de croissance pro-pauvres du taux d'emploi ; µ*(he) = taux de croissance pro-pauvres du temps de travail ; et µ*(w) = taux de croissance pro-pauvres de la productivité du travail. A cet égard, µ* est fondé sur une fonction de bien-être de Gini, c'est-à-dire une fonction de bien-être social corrigée de l'inégalité relative ou le niveau de vie également distribué. Il représente la mesure du taux de croissance pro-pauvres. Si µ*<µ , une perte de taux de croissance prévaut à cause de l'élévation de l'inégalité. Inversement, si µ*>µ , la baisse de l'inégalité induit un gain de croissance. La croissance est considérée comme pro-pauvres (anti-pauvres) s'il y a un gain (perte) de taux de croissance. D'autre part, l'impact du marché du travail sur le processus de croissance peut être aussi examiné par rapport aux composantes du revenu, notamment par rapport aux sources de revenus. A cet égard, un indice pro-pauvres de la ieme composante du revenu est exprimé par rapport à la moyenne du revenu de l'ensemble de l'économie, au revenu moyen d'une source de revenu i, et aux élasticités de la pauvreté globale et partielles par rapport à la ieme composante des ressources. Cet indice est une mesure du gain marginal en termes de réduction de la pauvreté procuré par une unité monétaire additionnelle issue de la source de revenu i : la ieme composante du revenu est pro-pauvres (anti-pauvres) si l'indice est supérieur (inférieur) à 1. Concernant ces deux questions, l'étude préliminaire réalisée à Madagascar devrait être poursuivie et affinée dans d'autres pays (Lachaud, 2006h).

3.2.    Pauvreté et capabilités : analyse multidimensionnelle du bien-être

Le choix de l'indicateur de bien-être est au coeur de l'appréhension de la pauvreté. Dans cette perspective, le programme de recherche du GED pourrait affiner les recherches antérieures, et être poursuivi dans plusieurs directions.

3.2.1.    Investigation des relations pauvreté monétaire/capabilités : substitution ou complémentarité

L'analyse des interactions entre le bien-être monétaire et les capabilités doit être approfondie, notamment en ce qui concerne l'éducation et la santé. En particulier, « l'opérationalisation» de l'approche des capacités de Sen devra susciter une action spécifique pour deux raisons au moins. Tout d'abord, les investigations micro-économiques sur cette question sont relativement rares. Ensuite, des études préliminaires, relatives à l'éducation, la nutrition et l'habitat au Burkina Faso, ont montré l'existence de non linéarités, et la présence d'effets de niveau, de structure et d'éviction - Lachaud (2002a). En d'autres termes, si les tests empiriques renforcent l'argumentation sur le plan théorique, selon laquelle « l'espace des capacités » ne doit pas être nécessairement substitué à « l'espace de l'utilité » en tant qu'indicateur de bien-être individuel - ce dernier étant en mesure de prédire des capacités -, ils tendent à supporter l'idée que la coexistence des deux « espaces » introduit une information additionnelle indispensable en termes d'évaluation de la pauvreté et de promotion du développement humain. Les études récentes sur la Guinée (Bertin, 2007) et Haïti (Beaulière, 2005a) s'inscrivent dans cette perspective. En outre, les investigations des approches de la pauvreté fondées sur les actifs devront être poursuivies, notamment à l'aide des données issues des enquêtes démographiques et de santé. En particulier, il importe d'examiner l'impact des hypothèses relatives à la fois aux indicateurs utilisés - effet de l'introduction d'une échelle d'équivalence, par exemple - et aux analyses en composantes principales non linéaires ou factorielles (Lachaud, 2001a, 2002b, 2006d).

3.2.2.    Inégalité des capabilités, genre et développement

Le processus de développement questionne le niveau et la dynamique de la distribution des capabilités dans plusieurs directions. A cet égard, le programme du GED souhaite mettre l'accent à trois niveaux.
Premièrement, l'existence de larges disparités socio-économiques des capacités, notamment en matière de santé, entre les segments les plus pauvres des populations et ceux du haut de la distribution, contribue à freiner l'accès à des dimensions essentielles du bien être des individus. De ce fait, dans maints pays en développement, une meilleure connaissance des inégalités socio-économiques de santé est susceptible de favoriser la lutte contre les déficits de santé pour les plus démunis (Lachaud, 2002a). Tout en poursuivant cette perspective, une autre dimension du programme de recherche du GED vise à examiner les facteurs de l'inégalité socio-économique de la malnutrition et de la mortalité des enfants à un moment donné, et à identifier les causes des changements de ces disparités dans le temps. Le fondement de la méthode est lié à l'intérêt d'incorporer l'analyse de la distribution socio-économique du statut nutritionnel ou de la mortalité des enfants au cadre économétrique d'une forme réduite d'un modèle anthropométrique, dans le premier cas, et de survie, dans le second cas. Cette approche présente des similitudes avec la technique de décomposition de la distribution des ressources des ménages, et a fait l'objet d'une recherche préliminaire pour trois pays d'Afrique - Burkina Faso, Haïti et Togo - Lachaud (2002f, 2003d, 2004c ; Beaulière, 2005a). Compte tenu des résultas obtenus, ce type d'investigation sera poursuivi, notamment pour le Gabon.
Deuxièmement, l'urbanisation est une tendance démographique forte des pays en développement, le taux de croissance annuel moyen de la population urbaine de ces derniers étant estimé à 2,4 pour cent au cours de la période 2000-2030, contre 0,2 pour cent en milieu rural. A cet égard, les projections des Nations unies indiquent que la part de la population vivant dans les agglomérations des pays en développement passera de 40,0 pour cent en 2000 à 56,0 pour cent en 2030. Dans ce contexte, l'Afrique et l'Asie occupent une place particulière, dans la mesure où, s'agissant des régions les moins urbanisées, elles sont susceptibles d'avoir les taux de croissance de la population urbaine les plus élevés au cours des prochaines années. Dans ces conditions, il importe d'examiner dans quelle mesure les transferts inter-sectoriels de population s'accompagnent de changements quant à la localisation de la pauvreté. A cet égard, le programme de recherche, partiellement exécuté, propose d'explorer plusieurs options analytiques. Tout d'abord, il s'agit d'examiner dans quelle mesure prévaut une « urbanisation de la pauvreté » en Afrique, c'est-à-dire une croissance de la pauvreté urbaine plus rapide que le taux d'urbanisation - une relation qui semble prévaloir en cross-section pour un échantillon de pays en développement, et, éventuellement, une « féminisation » du phénomène en relation avec la croissance des villes. Compte tenu de l'absence de séries chronologiques, l'économétrie spatiale est mobilisée en appréhendant la relation entre l'urbanisation et la pauvreté monétaire urbaine régionale relative - ratio de la pauvreté urbaine et de la pauvreté totale régionales. Une étude préliminaire a porté sur le Burkina Faso à l'aide des enquêtes prioritaires de 1994-95 et 1998 (Lachaud, 2006f). Ensuite, la pauvreté est appréhendée en termes des capacités - selon la même méthodologie, fondée sur les enquêtes démographiques et de santé -, la survie des enfants étant utilisée comme exemple d'indicateur de ces dernières. Enfin, il est proposé, à l'aide d'une approche économétrique spatiale, basée également sur les enquêtes démographiques et de santé, d'appréhender la relation entre la malnutrition des enfants et l'urbanisation, en explorant plusieurs dimensions analytiques : (i) le rapport entre la croissance de la population urbaine et les diverses formes de malnutrition ; (ii) la relation entre l'urbanisation et l'inégalité du statut nutritionnel ; (iii) l'hétérogénéité spatiale de ces phénomènes par rapport au genre des enfants. Sur ces questions, les études préliminaires relatives au Burkina Faso (Lachaud, 2002d, 2004e) et à Djibouti (Lachaud, 2006c) seront étendues à d'autres pays, afin de produire une analyse comparative.
Troisièmement, l'appréhension de la pauvreté implique une prise en compte spécifique de groupes particulièrement vulnérables. Dans ce contexte, le programme de travail pour 2010-2013 mettra l'accent trois groupes spécifiques : les femmes, les enfants et les personnes âgées. En effet, l'intégration du concept de genre dans les stratégies de développement est cruciale, une orientation qui est d'ailleurs de plus en plus présente dans les CSLP, notamment en Afrique. Sur cette question, l'expérience du GED doit être poursuivie dans plusieurs directions. Tout d'abord, l'impact de la distribution des gains au sein des ménages selon le genre, en termes de santé et d'éducation, doit être mieux analysé, notamment dans le cadre des modèles des ménages collectifs. Ensuite, la question de l'accès à la terre des femmes et des jeunes appelle des études spécifiques - Togo, Burkina Faso, Niger (Lachaud, 2006d) -, dans la mesure où la société traditionnelle exclut, la plupart du temps, ces groupes de l'accès à cet actif. Enfin, le rôle de l'emploi informel dans le processus « d'autonomisation » - « empowerment » - des femmes doit être questionné, les marges de manoeuvre de ces dernières apparaissant contraintes dans les sociétés asymétriques et segmentées selon le genre.

3.2.3.    Pauvreté et VIH/SIDA

Au cours des deux dernières décennies, l'impact du VIH/SIDA a été dévastateur dans maints pays en développement. En particulier, l'Afrique subsaharienne demeure la région la plus touchée puisque, à la fin de 2004, 25,4 millions de personnes vivaient avec le VIH, soit près des deux tiers de tous les individus infectés, et environ les trois quarts de l'ensemble des femmes vivant avec le virus. Bien que les épidémies africaines soient en voie de stabilisation, cette situation alarmante explique probablement la diversification des réponses envisagées à l'égard de ce problème sanitaire au cours des années récentes, l'identification des comportements individuels à risque et la prévention des nouvelles infections étant progressivement associées à la prise en considération de l'environnement économique, social et culturel, et de l'accès aux traitements. En fait, en Afrique, l'un des questionnements majeurs, en termes d'optimisation des actions de lutte contre l'épidémie, réside dans la capacité de pouvoir apprécier si la prévalence du VIH/SIDA est un simple problème sanitaire ou comportemental, ou s'il s'agit plutôt d'un symptôme inhérent à un profond déficit de développement. Dans ce contexte, la pauvreté est souvent perçue comme un facteur susceptible de contribuer à la progression du VIH/SIDA, et d'affecter les efforts en matière de prévention. En réalité, l'association entre la pauvreté et la prévalence du VIH/SIDA n'est pas établie, et une étude récente, concernant l'Afrique de l'ouest, a montré que la lutte contre la pauvreté n'est pas nécessairement un moyen de réduire en même temps de manière drastique la prévalence du VIH/SIDA (Lachaud, 2007a). Cette assertion est basée sur plusieurs éléments d'analyse empirique, notamment : (i) une courbe de concentration appréhendant l'inégalité « socio-économique » de la seroprévalence ayant une configuration « pro-pauvres » ; (ii) les estimations micro-économétriques des modèles probit et macro-économétriques en termes d'approche spatiale, suggèrant une relation positive entre la prévalence du VIH des femmes et des hommes adultes, et le niveau de vie des individus. Le programme de recherche du GED prévoit de poursuivre ce type de recherche, en particulier dans les pays où la prévalence du VIH est plus élevée qu'en Afrique de l'ouest. Par ailleurs, il importe d'appréhender les conséquences quant à la diffusion du VIH des processus d'intégration économique ou de déstabilisation politique.

3.3.    Pauvreté et redistribution

Les modèles théoriques et les estimations empiriques tendent à identifier une relation inverse entre l'inégalité et la croissance économique. Par ailleurs, la redistribution des revenus est considérée comme un aspect incontournable d'un programme de lutte contre la pauvreté, la réduction de cette dernière étant d'autant plus forte que l'inégalité est faible. Compte tenu de la multiplicité des questionnements sous-jacents à cette question, le programme du GED propose deux directions de recherche.

3.3.1.    Envois de fonds, pauvreté et inégalité

Les mouvements de population, internes ou externes, constituent une dimension majeure des transformations structurelles inhérentes au processus de développement, compte tenu de l'impact escompté en termes de bien-être. En effet, le « processus de Kuznets » stipule que, sous certaines conditions, les migrations rurales vers le milieu urbain peuvent être plus importantes pour réduire la pauvreté que la croissance rurale. En même temps, les effets en termes de croissance économique, de bien-être et d'équité des envois de fonds, générés par les migrations internationales, sont fréquemment mis en évidence, bien que l'évaluation du rôle des transferts dans le cheminement du développement conduise à des conclusions contrastées aux niveaux théorique et empirique (Lachaud, 1999b). De plus, les migrations internationales représentent une composante du processus d'intégration des économies et des sociétés. Ainsi, le fort courant d'émigration de certains pays d'Afrique subsaharienne - Burkina Faso, Mali et Niger, notamment - vers les pays voisins - Côte d'Ivoire et Ghana, en particulier - a permis, jusqu'à une époque récente, de contenir une croissance démographique rapide, tout en assurant à ces pays des ressources financières importantes. Or, en Afrique subsaharienne, la « crise ivoirienne » a considérablement perturbé ce processus d'intégration. A cet égard, une étude suggère une relation significative entre le déclin des envois de fonds de Côte d'Ivoire et la hausse de la pauvreté au Burkina Faso au cours de la période 1998-2003 (Lachaud, 2005c), tandis qu'une autre investigation montre l'impact des transferts sur la pauvreté durable et transitoire aux Comores (Lachaud, 2005b). Compte tenu de l'ampleur des envois de fonds, comparativement à l'aide publique au développement, il importe d'approfondir la relation entre ces derniers et la dynamique de pauvreté et d'inégalité, en accordant une attention spécifique à la distribution spatiale du bien-être.

3.3.2.    Comportement des ménages, pauvreté et inégalité

La plupart des études sur la pauvreté admettent que le bien-être des individus d'un ménage est fonction du niveau de vie moyen de ce dernier. Cette hypothèse spécifique privilégie la configuration du « ménage unitaire », impliquant que les ressources au sein de ce dernier sont réparties en fonction des besoins. En outre, l'hypothèse de mise en commun des ressources suggère que le bien-être du groupe ne dépend pas de l'identité de celui qui est à l'origine des gains du ménage. En fait, la robustesse théorique et empirique d'une telle option analytique est incertaine. L'existence d'une inégalité intra-ménage - notamment un biais selon le genre - et la possibilité d'un contrôle différencié des ressources au sein des ménages, sont susceptibles d'affaiblir la portée, non seulement des mesures habituelles de l'inégalité et de la pauvreté, mais également des politiques ciblées sur le ménage. Des études préliminaires ont testé économétriquement l'hypothèse de l'inégalité intra-ménage au Burkina Faso (Lachaud, 1998b), et examiné, pour le même pays, la véridicité des « modèles collectifs non-coopératifs » par rapport à deux conséquences possibles du fonctionnement du ménage : l'impact de la variation des gains relatifs féminins sur les ratios budgétaires et le statut nutritionnel des enfants (Lachaud, 1998c, 1999d). Cette recherche doit être poursuivie, bien que les enquêtes auprès des ménages ne collectent que les dépenses au niveau de la famille.

3.4.    Pauvreté et mobilisation des actifs

La mise en oeuvre d'une politique visant à atténuer les privations exige une bonne appréhension des relations qui prévalent entre, d'une part, la pauvreté, la vulnérabilité et l'inégalité, et, d'autre part, la disponibilité et le rendement d'un ensemble d'actifs physiques, matériels, humains et sociaux, régis à la fois par le marché et une multitude d'institutions, de normes et de valeurs. Dans ce contexte, la participation au marché du travail constitue une forme majeure de mobilisation des actifs des ménages, afin d'obtenir un certain niveau de bien-être ou de faire face à la survenance d'événements adverses. Compte tenu de l'importance de cette question, le GED propose de poursuivre plusieurs orientations de recherche.

3.4.1.    Accès au marché du travail et pauvreté

La relation entre l'accès au marché du travail et la pauvreté est questionnée par rapport à différentes dimensions.
Premièrement, il s'agit d'approfondir la compréhension des liens entre la participation aux marchés du travail et la pauvreté. Ce travail, déjà commencé (Lachaud, 1994b, 1994c, Domoraud, 2003, Grimaut, 2002, Zerbo, 2006a, 2006b, 2006c), doit être poursuivi, en mettant un accent particulier sur l'emploi non agricole rural, et les zones urbaines où la pauvreté croît plus rapidement que la population qui y réside. En fait, il s'agit de mieux identifier les groupes vulnérables en termes d'accès au marché du travail, de manière à examiner les conséquences pour les stratégies nationales de lutte contre la pauvreté. Dans ce contexte, plusieurs aspects de cette question seront abordés : (i) évolution récente des marchés du travail ; (ii) incidence de la pauvreté monétaire et caractéristiques du marché du travail ; (iii) institutions du travail et statuts d'emploi ; (iv) risque, chômage - y compris le chômage de longue durée -, bas revenus et conditions de travail ; (v) élaboration d'indicateurs de suivi du marché du travail (Lachaud, 2007e). Ainsi, deux études sont en préparation : l'une sur la relation entre le marché du travail et la pauvreté en Algérie, et l'autre sur les transformations des marchés du travail dans un pays de l'Est en transition, la Bulgarie.
Deuxièmement, il est prévu d'approfondir le rôle des institutions du marché du travail dans trois directions. D'une part, une analyse de l'impact de l' « externalisation » massive du travail dans les entreprises modernes des pays en développement sur la pauvreté des ménages, et l'efficacité entrepreneuriale est programmée - Thaïlande. Ce sujet s'inscrit dans le cadre des théories institutionnelles du marché du travail, visant à privilégier le marché interne et le processus de segmentation en tant que régulateur des relations salariales. D'autre part, la question de la gouvernance de l'Etat en relation avec la promotion et la « légalisation » des micro-entreprises exige des analyses spécifiques. Cette question revêt une importance particulière dans maints pays en développement, dans la mesure où l'emploi salarié urbain diminue en valeur relative, au profit de l'emploi à propre compte. A cet égard, l'étude préliminaire sur la Mauritanie (Pouillaude, 1998, 1999, 2002) devra être étendue à d'autres pays, notamment à Madagascar.
Troisièmement, un ensemble d'études, ayant trait à des dimensions particulières du marché du travail seront exécutées. Trois d'entre elles permettent de fixer les idées. Tout d'abord, l'impact des normes du travail sur l'inégalité des revenus, ayant fait l'objet d'études préliminaires (Sirven, 2006e ; Sirven, Bazillier, 2006, 2007), seront poursuivies. Ensuite, une recherche doctorale, visant à explorer la mobilité salariale et la segmentation du marché du travail en Thaïlande, est en cours. Enfin, le rôle du système productif informel urbain est un élément essentiel de l'accès à un niveau de vie donné (Lachaud, 1996c, Montaud, 1999). Cette question fait l'objet d'une thèse à Madagascar, fondée sur les données de diverses enquêtes 1-2-3.

3.4.2.    Travail des enfants et scolarisation

Les questionnements actuels relatifs au travail des enfants, qui mobilisent la communauté internationale, les gouvernements et les organisations non gouvernementales, apparaissent légitimes et indissociables d'un objectif de développement humain socialement durable, compte tenu de la persistance du phénomène à grande échelle, des processus d'éviction en termes d'investissement en capital humain qu'il engendre, et des pires formes qu'il prend dans de très nombreux cas. En effet, selon le Programme international pour l'élimination du travail des enfants, en 2004, 317,4 millions d'enfants de 5-17 ans exerçaient une « activité économique » - «child work » -, parmi lesquels 217,7 millions sont considérés comme des « enfants travailleurs » – « child labour ». De plus, 126,3 et 8,4 millions de ces derniers, effectuent, respectivement, des « travaux dangereux » susceptibles de nuire à leur santé physique ou mentale, ou à leur moralité, et des « activités intrinsèquement condamnables », c'est-à-dire « les pires formes de travail » – travail forcé, prostitution et autres activités illicites. A cet égard, la situation de l'Afrique au Sud du Sahara appelle une attention particulière. En effet, en termes absolus, cette région est classée au deuxième rang avec 49,3 millions d'enfants de 5-14 ans économiquement actifs en 2004, contre 127,3 millions en Asie, et au premier rang en termes relatifs, le ratio de participation au travail étant, en moyenne, de 26,4 pour cent. Cette situation justifie un programme de recherche sur le travail des enfants, essentiellement sur le continent africain. Sur cette question, les travaux préliminaires du GED (Diallo ,2001) seront poursuivis à différents niveaux : (i) analyse des modèles et théories du travail des enfants ; (ii) évaluation de l'incidence des formes du travail des enfants - « child work » et « child labour », notamment ; (iii) estimation économétrique des déterminants du travail des enfants ; (iv) investigations particulières de la relation entre les formes de pauvreté et le travail des enfants (Lachaud, 2007c) ; (v) analyse de la relation entre la scolarisation et le durée du travail. Sur ce dernier point, une première étude, fondée sur des simulations inhérentes à l'estimation d'un modèle de régression à régimes endogènes, suggère d'importants bénéfices potentiels en termes de temps de travail à Madagascar (Lachaud, 2007d).

3.4.3.    Capital social, pauvreté et inégalité

Le rôle du capital social dans les stratégies de survie est une question cruciale en Afrique. A la suite d'études préliminaires, ayant permis de synthétiser la littérature sur le sujet (Sirven, 2004, 2005a, 2005b) ou de spécifier des dimensions spécifiques (Lachaud, 2005b ; Sirven, 2006a, 2006c, 2006d, Sirven, 2007e ; Sirven, Bertin, 2006 ; Sirven, Ballet, Requiers-Desjardins, 2007), plusieurs investigations particulières sont programmées. Tout d'abord, dans le cadre d'une thèse, diverses dimensions du capital social seront traitées, notamment aux Comores, un archipel de l'Océan indien où les transferts internationaux jouent un rôle primordial dans la stabilité du système social. Ensuite, une étude de l'impact des transferts sur la pauvreté, l'inégalité et les capabilités en Afrique est prévue, faisant suite à celle de l'effet de la crise ivoirienne sur les envois de fonds et la pauvreté au Burkina Faso (Lachaud, 2005c). Enfin, les relations entre appartenance ethnique et pauvreté pourraient faire l'objet d'investigations spécifiques.

3.5.    Endettement et développement

Cette partie du programme est en cours d'élaboration.

3.6.    Economie des conflits

Cette partie du programme est en cours d'élaboration.


Eléments de références bibliographiques

Abessolo, Y., 2006. "Analyse de l'impact de la croissance économique et de la distribution des revenus sur la pauvreté au Cameroun", in Mondialisation, exclusion et développement africain : stratégies des acteurs publics et privés, Paris, Éd. Maisonneuve & Larose.
Beaulière, A., 2005a. Pauvreté et santé en Haïti, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Bertin, A., 2005. Quel espace d'évaluation pour la pauvreté ? Une analyse des interactions théoriques entre utilité, ressources et capabilités, Bordeaux, DT/125, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2007.Pauvreté monétaire et non monétaire : analyse des interactions. Application au cas de la Guinée, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Diallo, Y., 2001. Les enfants et leur participation au marché du travail en Côte d'Ivoire, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Domoraud, M., 2003. Le chômage de longue durée en Côte d'Ivoire, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Grimaut, S., 2002. Vulnérabilité et pauvreté sur le marché du travail. Application au cas de l'Afrique du Sud, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Koné, K.S., 2002a. Pauvreté, marché du travail et genre en Côte d'Ivoire, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Lachaud, J.-P., (publié sous la direction de) 1994b. Pauvreté et marché du travail urbain en Afrique subsaharienne : analyse comparative, Genève, Institut international d'études sociales.
— .1994c.The Labour Market in Africa, Genève, série de recherche n 102, Institut international d'études sociales.
— .(en collaboratoin avec Diarra, A.) 1996c. Le secteur informel urbain et l'emploi en Mauritanie : analyse et politiques, Nouakchott, PNUD, Mauritanie.
— . 1998b. Inégalité intra-ménage et genre au Burkina Faso, Bordeaux, DT/27, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 1998c. "Gains féminins, allocation des biens et statut nutritionnel des enfants au Burkina Faso", Revue d'économie du développement, n°2.
— . 1999a. Pauvreté, ménages et genre en Afrique. Nouvelles dimensions analytiques, Bordeaux, Série de recherche 3, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 1999d. "Envois de fonds, inégalité et pauvreté au Burkina Faso", Revue Tiers Monde, n°160, p. 793-827.
— . 2000f. « Modélisation des déterminants de la pauvreté et marché du travail en Afrique : le cas du Burkina Faso », Recherches économiques de Louvain, vol.66.
— . 2001a. Bien-être des ménages et pauvreté au Burkina Faso. Dépenses versus actifs : choix pragmatique ou conceptuel ? Bordeaux, DT/56, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2002a. Pauvreté monétaire et privations des capacités en Afrique. Contribution à l'analyse des interactions, Bordeaux, Série de recherche 6, Centre d'économie du développement le développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2002d. Urbanisation, malnutrition des enfants et genre. Une approche économétrique spatiale. Bordeaux, DT/76, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV (à paraître : Revue d'Economie du développement).
— . 2002e. La dynamique de pauvreté au Burkina Faso revisitée : pauvreté durable et transitoire, et vulnérabilité, Bordeaux, DT/77, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2002f. "Les déterminants de l'évolution de la survie des enfants et la pauvreté au Burkina Faso : une approche micro-économétrique", Face à face, n°2.
— . 2003a. Dynamique de pauvreté, inégalité et urbanisation au Burkina Faso, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux.
— . 2003b. La croissance économique en Afrique sub-saharienne est-elle "pro-pauvres" ? Une investigation appliquée au cas du Burkina Faso, Bordeaux, DT/83, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2003c. Les déterminants de l'inégalité du bien-être au Burkina Faso : une décomposition de régression, Bordeaux, DT/85, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2003d. La dynamique de l'inégalité de la malnutrition des enfants en Afrique. Une analyse comparative fondée sur une décomposition de régression, Bordeaux, DT/86, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2003e. Pauvreté et inégalité au Burkina Faso : Profil et dynamique, Ouagadougou, Programme des nations unies pour le développement.
— . 2004c. "Modelling Determinants of Child Mortality and the Poverty in the Comoros", Health and Place, n°10, p.13-42.
— . 2004d. Le travail des enfants et la pauvreté en Afrique : Un réexamen appliqué au Burkina Faso, Bordeaux, DT/96, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2004e. Marché du travail, emploi et pauvreté à Djibouti : analyse et politiques, Genève, Bureau international du travail.
— . 2004e. "Urbanisation, malnutrition des enfants et sexe au Burkina Faso : une analyse économétrique spatiale", Revue d'économie du développement, n°1, mars.
— . 2005a. Pauvreté, inégalité et marché du travail dans l'Union des Comores. Eléments d'analyse fondés sur l'Enquête intégrale auprès des ménages de 2004, Moroni, Direction de la statistique, Programme des nations unies pour le développement.
— . 2005b. Modélisation des déterminants de la pauvreté durable et transitoire, et capital social aux Comores, Bordeaux, DT/108, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2005c. "Crise ivoirienne, envois de fonds et pauvreté au Burkina Faso", Revue Tiers Monde, n°183, juillet-septembre 2005.
— . 2006b. Pauvreté, inégalité et marché du travail dans l'Union des Comores, Moroni, PNUD.
— . 2006c. Pauvreté et marché du travail à Djibouti : Eléments d'analyse, Colloque international "Ports, villes et mondialisation : le cas de l'Afrique de l'Est", 16-18 janvier, Djibouti, Pôle universitaire.
— . 2006d. Marché du travail, emploi et pauvreté au Niger: analyse et politiques, Genève, Bureau international du travail.
— . 2006e. La croissance pro-pauvres au Burkina Faso. L'éviction partielle de l'axiome d'anonymat en présence de données transversales, Bordeaux, DT/126, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2006f. « Urbanisation, pauvreté et capacités : nouveaux défis des stratégies de développement. Une approche spatio-temporelle au Burkina Faso », Revue d'Economie Régionale et Urbaine, n°3, 2006, pp. 455-488.
— . 2006h. Pauvreté, marché du travail et croissance pro-pauvres à Madagascar, Genève, septembre, Bureau international du travail.
— . 2007a. "HIV Prevalence and Poverty in Africa: Micro and Macro-Econometric Evidence applied toBurkina Faso", Journal of Health Economics, 26(3) : 483-504.
— . 2007b. "La mesure de la croissance pro-pauvres au Burkina Faso: Espace de l'utilité ou des capacités ? ", Revue d'Economie du Développement, n°1.
— . 2007c. "Le travail des enfants et la pauvreté en Afrique : Un réexamen appliqué au Burkina Faso", Economie et Prévision (accepté juillet 2006).
— . 2007d. Scolarisation et travail des enfants : Un modèle économétrique à régimes endogènes appliqué à Madagascar 2001-2005, Bordeaux, DT/134, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2007e. Les indicateurs de suivi des objectifs du Programme d'action opérationnel en matière d'emploi au Burkina Faso, Genève, mars, Bureau international du travail.
— . 2007f. La dynamique de pauvreté provinciale et le marché du travail à Madagascar. Une analyse fondée sur une décomposition de régression, Bordeaux, DT/136, LARE-EFi-Groupe d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Montaud, J.M., 1999. Une approche macroéconomique du secteur informel en Equateur : un essai de modélisation en équilibre général calculable, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV
— . 2001b. Décomposition par source des inégalités de niveaux de vie en Afrique : une approche marginaliste basée sur le valeur de Shapley (à paraître).
Pouillaude, A., 1998. Gouvernance et développement des micro-entreprises : approche conceptuelle et méthodologique, Bordeaux, DT/25, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 1999. La 'bonne' gouvernernace, dernier-né des modèles de développement, Bordeaux, DT/37, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Pouillaude, M., 2002. Gouvernance, et développement des micro-entreprises : le cas de la Mauritanie, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
Sirven, N. 2004., Capital social et développement : concepts, théories et éléments empiriques issus du milieu rural de Madagascar, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2005a. "Les déterminants du capital social à Madagascar", in Ballet, J. & Radja, K. (Eds.), Le capital social en action : Territoires et transferts, Paris, l'Harmattan, 133-157.
Sirven, N. & Bazillier, R., 2005. Social Capability and Self-Rated Health Improvement, 5th International Conference on the Capability Approach, UNESCO, 11-14 septembre 2005, Paris (Fr.), Poster session.
Sirven, N., 2006a."Endogeneous Social Capital and Self-Rated Health: Cross-Sectional Data from Rural Areas of Madagascar", Social Science & Medicine, 63: 1489-1502.
— . 2006b. "L'analyse économique de la discrimination : quelques éléments d'analyse concernant le marché du travail", Relief (Echanges du CEREQ), 17 (novembre) : 75-82.
— . 2006e. Normes fondamentales du travail et développement humain : quelques éléments empiriques, 7èmes journées scientifiques du réseau « Analyse Économique et Développement », 7-8 septembre 2006, Paris (Fr.).
— . & Bazillier, R., 2006. "Les normes fondamentales du travail contribuent-elles à réduire l'inégalité ?", Revue Française d'Economie, XXI(2) : 111-146.
— . Bertin, A., 2006. "Social Capital and the Capability Approach: A Social Economic Theory", in Clary, B. J., Dolsma W. & Figart D. M. (Eds), Ethics and the Market: Insights from Social Economics, Routledge: 191-203.
— . & Bazillier, R., 2007), "Is There a Social Kuznets Curve? The Influence of Labour Standards on Inequality", Journal of Development Studies, (accepté, à paraitre).
— . Ballet, J. & Requiers-Desjardins, M., 2007, "Social Capital and Natural Resource Management: a Critical Perspective", Journal of Environment and Development, (soumis à publication).
Sirven, N., 2007. "Social Capital: A Critique and Extension", in Davis, J. & Dolsfma, W. (Eds.), The Edward Elgar Handbook of Socio-Economics, Forthcoming, Edward Elgar Publishing.
Zerbo, A., 2006a. Stratégies de lutte contre la pauvreté et politiques de développement local au sud du Sahara : cas du Burkina Faso, Bordeaux, thèse de doctorat nouveau régime en sciences économiques, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2006b. Marché du travail urbain et pauvreté en Afrique subsaharienne : un modèle d'analyse, Bordeaux, DT/129, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.
— . 2006c. Marché du crédit et travail décent au Burkina Faso, Bordeaux, DT/133, Centre d'économie du développement, Université Montesquieu-Bordeaux IV.